Dernier épisode de Let’s Dance : Ceci est mon corps !

Comme on l’a dit précédemment, la danse maltraite les corps. Mais est-ce que tous les corps peuvent danser ? Si on est trop petit, trop grand, ou si on a trop de fesses, alors on ne peut pas danser ? Ce dernier épisode de Let’s dance nous explique qu’au fil des années on a défini une norme standard de corps, mais qui ne vivra pas éternellement !


Au début du 20ème siècle, le standard du corps est un corps classique et blanc. Dans la danse, la couleur de peau est un enjeu de discrimination. Les artistes noirs ayant inventé le Jazz ont l’interdiction de danser dans des endroits où il y a des blancs. Ces danses de « noirs » sont influencées par les restrictions imposées. Ils avaient le sentiment d’être Américain mais ils étaient « Negro », comme on le disait à l’époque. Deux aspirations contradictoires se trouvant dans la même âme.

Dans les années 40, des écoles ouvrent leurs portes aux blacks . Et c’est même Anna Halprin qui, dans les années 60, fait changer les choses puisqu’elle réuni 2 compagnies de danseurs. Une compagnie de danseurs blancs et une autre de danseurs noirs.

Tout doucement les choses s’améliorent. Et arrivé dans les années 1970, on voit apparaître le Voguing. Danse pratiquée par des latinos, noirs et homosexuels. Cette danse féminine et glamour doit son inspiration au magasine « VOGUE ». Au lieu de poser comme des mannequins, les danseurs prennent la pose en dansant. De part les attaques que peuvent avoir les homosexuels ou les personnes transgenre, cette danse leur permet d’exprimer leur fierté et de réagir face à ses attaques. Des maisons Vogue qui recueillent toutes les personnes se sentant rejetées sont même créées.

Compétition de Voguing

Steven Cohen, juif, homosexuel et blanc, travail sur son propre corps. Il aime utiliser son corps comme une pièce de théâtre, c’est d’ailleurs pour cela qu’il accroche souvent des objets à son corps.

Il est vrai que la danse accompagne le corps. Un corps qui est totalement accompagné est celui de la danse classique. Et avoir un corps dit, classique, n’est pas simple. En effet, un corps classique est très long. Il doit avoir des pieds fins, un vrai coup de pied, des chevilles fines, des mollets droits, des petits genoux, un long fémur, un bassin étroit, un petit buste, de petites épaules, un grand cou, une petite tête, et de très grands bras. Cette image d’un corps élancé, sec et fin est devenue le canon de beauté mondialisée.

Retournons dans les années 50, et cette fois au Japon. Les avants-gardistes ont une fascination pour le corps et inventent un nouveau genre chorégraphique : le butō. Créée en 1959 par Tatsumi Hijikata, le buto devient le symbole d’un monde crépusculaire. Fasciné par le corps des occidentaux et leur danse, il a compris que son corps était différent de celui des Européens. Pour lui c’est une histoire de ressentiment.

En 1980, Maguy Marin créer une nouvelle génération de danseurs : des créatures mélancoliques et mal foutus.

Les gens allaient voir de la danse pour voir de beaux corps et pas « ces ruines ». Il pouvait donc y avoir un dégoût venant du public. Mais en réaction à cela, Maguy Marin parle de ce qu’on n’aime pas regarder, les autres corps. Elle transforme les corps de ses danseurs en les recouvrant d’argile, « cela donne au corps une substance archéologique », nous dit-elle.

C’est la fin de ce culte du corps, notamment avec la danse contemporaine! Et ce n’est pas Olivier Dubois, vu dans le 2eme épisode, qui dira le contraire, puisqu’il souhaitait avoir un corps pouvant être capable de tout danser. Il ne voulait pas ressembler à un « gros qui danse ». Il n’a jamais dansé avec l’image de son corps. Pour lui « Danser ce n’est plus être limité de son corps ».

Pina Bausch est, pour le coup, sans limite et innove en reprenant sa pièce Kontakthof de 1978, en 2000 par des personnes âgées de plus de 65 ans. Et une deuxième fois en 2008, par des adolescents qui ne connaissaient rien à la danse. Des émotions différentes, des corps différents. La transposition de la pièce a différents âges de la vie et par des amateurs a scellé la pièce de « culte ».

Kontakthof, par des personnes âgées de plus de 65 ans

Le dramaturge de Pina Bausch de 1980 à 1990, Raimund Hoghe est aussi chorégraphe et danseur. Celui-ci, danseur atypique, pense que pour continuer à danser, il faut repousser ses limites en se reconnectant aux sentiments et aux souvenirs pour continuer. C’est d’ailleurs ce qu’il fait.

Les corps peuvent également être handicapés ou robotisés. C’est ce à quoi est consacré les dernières minutes de l’épisode.

Tout d’abord il y a Hédi Thabet, danseur et handicapé. Son frère, danseur aussi, nous confie sur Hédi, qu’il a plus de liberté en ayant une jambe en moins, car il connait mieux son corps et ses limites. Ce sentiment de liberté physique et son expression est très personnel et se transmet par la danse. Du handicap peut naître l’harmonie grâce à une forte intensité. Puis, il y a le corps machine qui est un fantasme ! Les danseurs robots existent depuis 1930. En 1980, c’est le popping qui entre en scène. C’est une danse où l’on contracte et décontracte ses muscles en rythme, d’où le nom de « robot ».

Popping Final Juste Debout 2014 Bercy

De nos jours, tout évolue et les styles de danses aussi, comme avec le flexing !

Bones the Machine and DJ Aaron « Finger Food » Flexing GasMask. YAK FILMS B’ZWAX

Pour Drew Dollaz, vu dans le 1er épisode, c’est le style de danse le plus intéressante car on bouge à peine mais avec des isolations. C’est le contrôle sur son corps !

Ce que j’ai retenu de cet épisode :

Déjà, j’ai beaucoup appris sur la culture et l’histoire de la danse ! Alors Merci ARTE !

Pouvoir utiliser son corps pour raconter une histoire, c’est ce qu’il y a de mieux dans la danse. Que l’on soit grand, petit, gros, mince et même d’une autre couleur de peau que la sienne, c’est l’histoire raconté qui est importante et comment elle est raconté.

 Chanteur stars en hologrammes, alors pourquoi pas des danseurs ? Fred Astaire et Michael Jackson danser ensemble, ça serait fou non ?

 [Tout les corps sont dans la danse même ceux qui n’existent pas.]

Pour voir ou revoir cet épisode, c’est par ici !