2ème épisode de Let’s Dance : La nudité dans la danse !

Ce 2eme épisode de Let’s Dance nous parle de la nudité dans la danse ! Comment est cette nudité ? Comment est-elle apparue ? Sous quelles formes ? Tant de questions auxquelles ce deuxième volet répond !


De la scène, aux cabarets, et aux Stadiums, la nudité dans la danse traverse le 20ème siècle. On a beau être habitué, voir un corps nu danser n’est pas banal !

« Tout est en jeu lorsque l’on danse nu ». En effet, comme le dit Olivier Dubois, chorégraphe « c’est notre corps qui est à nu, tout est à vu, donc tout est masqué et tout est sous contrôle ». Deux de ses danseurs de sa pièce « Tragédie », où les danseurs sont complètement nus, nous donne leurs impressions face à cette nudité dans la danse. Pour Thierry Micouin, le regard est attiré lorsque l’on danse nu, mais on s’y habitue au fur et à mesure. Il y a toujours cette histoire de complexe et de comparaison avec les autres mais il faut y faire face. Virginie Garcia quant à elle, nous dit que c’était une envie de se montrer nue, à cet instant de sa vie. Elle estime qu’elle voulait montrer son corps tel qu’il était aujourd’hui, avec ses défauts et ses qualités, marqué par ses grossesses, et par la vie.

Angelin Preljocaj, chorégraphe, qui est également intervenu dans le premier épisode, nous explique qu’on a besoin d’être nu pour ressentir l’état de la nudité. Il faut provoquer une sorte de palette d’émotions et d’interprétations. Pour ce chorégraphe, le corps est un laboratoire de recherche, de la pensée, du désir, de l’humanité et de la compréhension.

Angelin Preljocaj

Angelin Preljocaj, chorégraphe

Pour la petite histoire de la nudité dans la danse

Au début du 20ème siècle, la nudité dans la danse est un acte subversif. Nejinski, danseur Russe, se fait virer de la cour de Nicolas II car il est venu danser totalement nu. C’était un révolutionnaire, tout comme Isadora Duncan, une jeune américaine libre de Sans Francisco qui laisse entrevoir sa nudité dans ses danses. Là où l’époque est plutôt à la danse classique, Isadora bouscule cela en dansant avec des tenues amples, et où le voile de ses robes caresse sa peau, comme le vent. Féministe, c’est la 1ère à initier la liberté des femmes.

Après la 1ère guerre mondiale, on se dénude de plus en plus, et notamment dans les cabarets. On peut alors voir des danseuses nues dans des cafés concert ou dans des revues. Ici, la scène joue la rupture avec la pudeur. On joue avec le froufrou et les dessous. Les danseuses mettent en scène un acte de désir et de plaisir.

Dans les années 20, la dimension politique est plus grande. Et c’est en 1923 que le cabaret mime tout les travers du monde bourgeois. A ce moment là, la nudité est redevenue quelque chose de naturel, notamment en Allemagne. Malheureusement c’est aussi l’Allemagne qui la détériore en l’utilisant dans la propagande des nazis. La nudité est alors dénaturée et commence à être mal vu. On a besoin de la reconquérir ! Et c’est les États-Unis qui vont renouer avec la nudité en mettant en scène un corps dansant nu. Le strip-tease et le cabaret burlesque font leur apparition. Se déshabiller ou s’effeuiller pour faire oublier les tracas du quotidien, c’est ce qu’on appelle le New Burlesque. Porté par Dita Von Teese, ce mouvement rime avec femme, sensualité et humour, on cherche a véhiculer un message.

Dans les années 1950, le New burlesque laisse place au pin up, où l’icône est Marilyn Monroe ! On dissimule les corps pour montrer qu’une ligne généreuse et élancé. La pin up se met simplement en valeur avec un déhanché. Elle inonde les télés jusqu’au jour où le Crazy Horse ouvre ses portes en 1951. On met en scène des filles qui sont de véritables pin up, toutes identiques morphologiquement. Les costumes sont créées afin que le spectateur se perd entre le nu et l’habit. C’est la volonté des costumières du Crazy Horse : « la fonction du costume est de se faire oublier ».

Crazy Horse

Crazy Horse

En 1960, certains danseurs commencent à enlever le justaucorps. Ils ont des valeurs propres en rupture avec leurs ainés. Ils sont « anti-tout ». A cette époque, la nudité va engendrer des œuvres d’avant-garde, notamment aux États-Unis avec Anna Halprin. C’est la première chorégraphe à créer une pièce où les danseurs sont entièrement nu. Pour elle c’est basique d’être nu.

En 1970, c’est la fin de l’ère Hippie, et le corps est devenue un argument de vente. L’icône devient la blonde californienne qui fait de la gym et qui fait vendre des magazines.

Les années 80 marquent le règne de la gym tonique. Notamment avec des films comme Fame ou Flashdance, où l’on voit des danseurs sportifs et sexy.

Dans les années 90, il y a confusion entre le sexe et la nudité. Le corps devient alors un jouet pour adulte, un outil de consommation. C’est à partir des années 2000, avec l’arrivée de la danse contemporaine, où la nudité dans la danse reprend tout son sens. Ce type de danse utilise le corps nu pour mieux l’examiner en s’emparant des grandes questions sociétales. C’est alors que le costume devient le nu. En contemporain, la violence passe par la nudité des corps et celui-ci devient, malheureusement, de plus en plus étranger dans ce monde digital.

Steven Cohen, personnage atypique découvert dans le premier volet de Let’s Dance, est étonné de voir que les gens ont peur du corps des autres. Pour lui « l’art c’est engager une conversation alors qu’on ne parle pas la même langue ».

Steven Cohen a raison. Dans cette citation, « ne pas parler la même langue » revient à dire « ne pas danser de la même façon, soit être nu ou non ». Prenons un danseur faisant la même chorégraphie, mais une fois nu et une autre fois habillé. Ne va-t-il pas ressentir la même émotion à ses deux représentations ? Est-ce que le public sera-t-il plus touché lors de son passage nu ou lorsqu’il sera habillé ? Le public sera t-il gêné et trouvera cela bizarre de le voir danser nu ? Nous ne pouvons pas répondre à ces questions, mais il est certain que notre perception peut être différente selon si on danse nu ou non.


Vous pouvez retrouver ce documentaire en Replay ici.

Dimanche prochain, retrouvons nous pour le dernier volet de Let’s Dance où cette fois les corps atypiques seront mis à l’honneur. Verrons-nous, encore, Steven Cohen ?

A noter qu’en première partie de soirée vous pourrez passer la soirée avec le film culte Fame !

A dimanche prochain !