C’est le pied, 1er épisode de Let’s Dance !

Dimanche dernier, soit le 5 Octobre, ARTE diffusé le 1er épisode sur 3 de « Let’s Dance », documentaire racontant l’histoire de la danse au XXeme siècle. Cette histoire se laisse écouter et admirer par le corps des danseurs.


Cet épisode racontait la danse centré sur « le pied ». Le pied, objet d’émerveillement, instrument et outil d’un danseur ! Le pied peut être classique, révolté, musical, érotique, ou élégant … Le pied est une expression ! Le documentaire explique donc par ces adjectifs ce qu’est la danse !

 Le pied classique :

Maire Agnès Gillot, chorégraphe, et danseuse étoile du ballet de l’Opéra de Paris, nous accueille dans une salle de danse et nous explique l’utilisation des pointes en danse classique. Le fait de maintenir son corps grâce au dos, pour soulager les pieds.

Le pied est souvent « maltraité » dans la danse classique. Des rituels peuvent même être bénéfique pour les pieds : mettre un bout de silicone sur chaque orteil en ajoutant un sparadrap pour bloquer et que rien ne bouge dans la pointe, peut s’avérer être très efficace pour ne pas avoir trop mal aux pieds; même si les pieds d’une danseuse classique professionnelle peuvent être très abimés. A défaut de pouvoir changer de pied 🙂 les danseuses changent leurs pointes souvent et en spectacle elles durent en moyenne 45 minutes. Les danseuses peuvent donc avoir 3 voire 4 paires de pointes différentes pour une seule représentation.

Le pied révolté :

En l’espace de quelques minutes, nous passons du classique (en France) au hip hop (aux Etats Unis), deux types de danses qui ne sont pas tellement différentes et qui peuvent évoluer dans le même sens.

Le Hip Hop s’inspire du classique pour certains pas, comme le fait Drew Dollaz, danseur de la tournée « THE MDNA TOUR » de Madonna. Ce danseur ayant une base de classique et de contemporain rajoute des mouvements Hip Hop à ses enchainements de danse.

Pour Marie Agnès Gillot, c’est très intéressant que ces danseurs de hip hop développent ce genre de danse, puisque les danseurs classiques peuvent eux aussi s’en inspirer et par conséquent faire évoluer la danse classique. D’après Marie Agnès « On se nourrit tous les uns des autres ».

Le hip hop a comme symbole les baskets. Celles-ci ont permis d’obtenir aux danseurs une nouvelle forme de virtuosité. Elles permettent de bouger plus vite. Les breakers ont réellement un lien avec le sol, c’est même spirituel pour eux. Symboliquement le béton représente la solidité et la dureté, les breakers l’ont tout simplement adopté.

Dans ce documentaire, on nous parle même de la pratique du « lancé de basket sur les fils électriques », tendance arrivée aux États-Unis au début des années 80. Cette pratique appelé communément Shoes Tossing a plusieurs significations : moyen de repère pour la vente de stupéfiants, entrée dans le territoire des gangs dans de nombreuses villes américaines, ou encore signifie le détachement à la vie étudiante. Dans « Let’s Dance », Drew Dollaz explique que c’est arrivé lorsque ça allait très mal à New York, une forme de protestation. Dans ce contexte soit tu deviens un pur produit de la rue soit tu arrives à te détacher, et tu t’en sors grâce à la danse.

 Le pied musical

Le pied est un instrument permettant de faire des percussions. Le Kuchipudi, le Gumboot ou le Flamenco, toutes ces danses utilisent les pieds comme percussions.

Le Kuchipudi, raconté par Shantala Shivalingappa, chorégraphe, est une danse venu d’Inde.

De manière générale, avant de rentrer sur scène, les danseuses du Kuchipudi font des offrandes et des prières auprès de Shiva, le dieu de la danse. Elles peignent leurs pieds et habillent leurs chevilles avec des grelots. Shantala se sent parfois, proche du Flamenco lors de ses danses, car non seulement le pied est en mouvement constant mais aussi les mains et le buste jouent un rôle primordiale dans leurs chorégraphies. Le kuchipudi est un langage des syllabes rythmées.

Le Gumboot, qui veut dire en anglais « botte de caoutchouc », a été créé par les mineurs du Sud Africain. Xolani Qwabe nous raconte que pour oublier leur dur travail et ainsi continuer d’avancer, les mineurs avançaient et poussaient leurs charriots en tapant des pieds, et en rythme. C’est pour eux une façon de protester et de se faire entendre.

Le Flamenco, danse Espagnol que tous le monde connaît. Le pied est protégé par une bottine, et où les vibrations agitent tout le corps. Israel Galvan, chorégraphe nous dit que le Flamenco est comme un tremblement de terre. On devient son propre percussionniste, on s’invente des rythmes et on créer sa propre partition. D’après lui le flamenco ferait devenir fou à cause des bruits des pieds sur le sol.

Dans ce documentaire, nous avons aussi la chance d’avoir l’avis de Christian Louboutin, créateur Français de sac à mains et de chaussures de luxe. Ils nous affirment que les chaussures de Flamenco sont très bien confectionnées. Une bride à l’endroit du coup de pied pour un bon maintien, et un talon bien proportionné pour avoir une bonne hauteur et une bonne épaisseur, ce qui permettra d’être performant et de garder son équilibre. Le pied musical dirige et joue un rôle presque spirituel.

Le pied érotique

Pour Pina Baush, le talon est devenu une signature visuelle. Les longues robes élégantes accompagnées de talon sont un accessoire absolu de la féminité. Julie Shanahan, nous explique que dans les chorégraphies de Pina, le plus important était le bruit des pas et ainsi avoir la bonne posture grâce à ce son. Les sons nous touchent tous sans forcément que l’on s’en aperçoit. Les bruits de talons hauts sont souvent identifiés à l’enfance. Les « clacs clacs » des talons de nos mamans étant petite fille nous ont toujours fait rêver (moi la première) !

Après les chorégraphies de Pina, nous faisons un saut dans la fabrique des chaussures Louboutin. Le créateur nous raconte qu’il a mis en scène un spectacle du Crazy horse et a confectionné les talons à la bonne hauteur et la bonne épaisseur afin que les danseuses soient sensuelles. Il dit qu’il a commencé à dessiner des chaussures pour des danseuses. Ces 1eres chaussures ont même comme noms, des danseuses des Folies Bergère. Pour lui, la cambrure du pied vient de la hauteur du talon.

Ce talon peut même être plus long que la plateforme, ou il peut ne pas y en avoir du tout ! Et c’est ce que l’on nous montre à la fin du documentaire, avec la connaissance d’un drôle de personnage. Steven Cohen ! Pour ceux ou celles qui ne le connaissent pas, c’est un danseur hors norme qui créer des chaussures hors normes et non conventionnel. Une de ses trouvailles est même des chaussures avec un crâne humain en guise de plateforme. Achetés en brocante à New York, ces crânes Asiatiques et Africains, ont fait réfléchir Steven. Celui-ci ne conçoit pas qu’il y ait une discrimination raciale même après la mort. Pour lui, confectionner ces « drôles » de chaussures permet de danser sur tout ! Que ça soit un crâne humain ou une patte d’éléphant, nous dansons sur tout et n’importe quoi !son-corps-est-un-decor,M37147Notre avis:

C’est en effet ce qu’il faut retenir de ce documentaire. La danse, qu’elle soit danser pieds nus, en baskets, en pointes, avec des talons, des bottes, ou sur des étranges chaussures, la danse fait bouger les corps ! Je trouve la manière de filmer de façon à ce qu’on voit tout le temps les pieds des personnes, et souvent en gros plans, très intéressante, on voit réellement tous les mouvements du pied. Ce documentaire nous prouve que le pied peut être expressif!

Vous pouvez retrouver ce documentaire en Replay.

Et retrouvez l’épisode 2 intitulé « A poil » de « Let’s Dance » dimanche 12 Octobre à 22h35, où cette fois on s’intéresse à la nudité dans la danse. Une pratique initié par l’Américaine Isadora Duncan au début du XXe siècle, reprise quelques années plus tard par la danse contemporaine. La nudité est un outil dont disposent chorégraphes et danseurs.

A la semaine prochaine pour un billet sur ce 2eme épisode !